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EL CUERPO ME LLEVA

Emmenée par mon corps

 

L'exposition El Cuerpo Me Lleva pose un regard attentif sur le corps féminin et propose au spectateur un voyage intime et onirique. Elle aborde délicatement le thème de l'oppression sociale et culturelle de la femme à travers des représentations stylisées de son corps malmené. En étroite collaboration, Tamar Rojas et Maïlis Gourdon y présentent des expressions pluriculturelles de leur propre féminité dans une fusion douce et puissante de leurs esthétiques.

Tamar Rojas

Le corps de la femme est mon médium, c’est mon territoire de créativité, tel une métaphore du corps social. A partir d’une vision très personnelle, j’aborde les stéréotypes, préjugés et pressions que la société patriarcale et ses mythes imposent à la femme, comme une membrane invisible, un fil rouge commun.

 

Chaque femme mène un profond combat intérieur pour se libérer de l'oppression sociale, laisser jaillir sa propre identité, sa singularité et aller à la rencontre de sa féminité.

 

Avec ce projet, j'ai souhaité changer de stratégie et de moyens d’expressions utilisés dans mes précédents travaux en abordant le thème l’oppression d’une nouvelle manière. Je raconte de brèves histoires, histoires du quotidien, histoires de l’âme, dans lesquelles mes “bouts de femme” se dévoilent, se révèlent et se livrent. Leurs corps imparfaits aux formes douces et rondes synthétisent pour moi la forme du reel.

 

Je produit mes pièces en séries, une manière pour moi d’ordonner et de décomposer des sous-thèmes, en envahissant l’espace et en créant des bulles intimes entre le spectateur et les différentes pièces.

 

J'ai détourné différentes techniques de sculpture traditionnelles pour mener une recherche autour de la textures en mélangeant différents matériaux et en percevant la relations entre eux.

 

En mettant en scène les détails de la matière tels que les veines douces du bois ou la texture précise de la peau dans les moulages, j’utilise mes pièces comme des aiguilles qui cousent et réparent.

Maïlis Gourdon

La découverte du travail de Tamar Rojas a suscité en moi une forte émotion, tel un miroir de ma propre histoire, elle m'a ramené au contact de ma nature de femme. En entamant cette collaboration avec elle, j'ai tenté de mettre en valeur ce ressentit et de le sublimer.

 

J'ai mené une recherche scénographique approfondie afin de créer de petits espaces qui puissent accueillir les œuvres présentées de manière séparée et communicante, constituant en symbiose un espace global, telle une cartographie intime métaphorique. Cette recherche s'est axée autour des notions d'intérieur, de morcellement, mais aussi de perméabilité et de transparence, l'idée étant de plonger le spectateur dans des perspectives multiples en jouant avec la superposition de couches, de textures et de matières.

 

J'ai ensuite utilisé la lumière pour faire naître le visible et lui permettre d'être conscientisé. À l'image des œuvres présentées, j'ai imaginé une composition lumineuse multiple, fragmentée et constituant un tout cohérent. En perpétuels mouvements, cette composition lumineuse donne un sens de lecture de l'espace et apporte de multiples regards sur les pièces. Elle crée une tension, un contexte et une échelle de temps. Elle permet de le suspendre, de le décomposer ... pour sentir, le lien fragile qui existe entre chaque morceau de chaque pièce. La Lumière remplit ici une fonction de liant. Douce et vivante, elle constitue une faune ingénieuse qui se joue des ombres, comble le vide et adoucit les brèches. Elle réchauffe, elle apaise, elle console.

Présentations passées :

  • Mix'art Myrys - Toulouse (31), avril 2017

PIECES DE L'EXPOSITION

 

CORRIDOR – 2017 – Voûte de roses séchées, lampes anciennes, miroirs brisés, tableaux, sculptures sur bois, pans de textiles semi-transparents.

Cette pièce est une entrée de maison, une entrée dans l'intérieur, dans l'intime. Elle est une entrée en matière, un passage entre le monde réel et l’univers métaphorique présenté dans cette exposition. Elle immerge le spectateur, bouscule ses repères et anime ses sens, le préparant ainsi à entrer au contact des autres pièces.

 

DULCES SUEÑOS Doux rêves – 2017 – sculpture en céramique, cadre en bois

Cette série de cadre en forme de maison présente une femme vivant dans une situation d'oppression domestique. Les multiples statuettes de son corps représentent les différentes étapes d'un long chemin émotionnel vers la soumission et l'anéantissement psychologique. Cantonnée à son rôle et à son statut, ce petit bout de corps se retrouve isolé, tantôt protégé, tantôt pris au piège de ses quatre murs. Alors il songe et se laisse aller à de douces rêveries d'horizons et de pouvoir d'action.

 

PARAVUE : – 2016 – Métal, pans de textiles semi-transparents, système de vidéoprojection

Pièce centrale de l'espace, ce paravent élancé sépare et connecte les autres pièces entre elles. Tantôt silencieux, tantôt lumineux, il joue avec les textures et laisse apparaître des corps de féminins entremêlés à la matière.

 

DE ELLA D'elle-même – 2016 – plâtre, porcelaine, cire, dentelle, bougies, projecteurs

Cette installation aborde le thème des stéréotypes physiques et des canons de beauté imposés aux femmes. Elle est le résultat d'un long recueil de témoignages de diverses femmes autour de ce qui constitue pour elles leur propre singularité. Chacune de ces femmes à choisis une partie de son corps qui se trouve ici réunie pour n'en former qu'un seul. Ce corps multiple suspendu dans les airs se révèle et prend vie au grès du temps qui passe.